La mafia, un organisme criminel

La drogue dans la mafia italienne

Scampia est l’endroit au monde où l’on vend le plus de drogue. L’organisation du trafic de drogue sur les places de Scampia pourrait être définie comme un réseau capable de générer le plus grand trafic de drogue à ciel ouvert du monde. On y vend de la cocaïne, du cobret, de l’ecstasy... 
Là-bas, tout est organisé minutieusement : si un dealer se fait arrêter, dans la demie heure il est remplacé.

La mafia : une violence banalisée

« Là-bas une seule régle : la violence

                  un seul langage : les armes

                  un seul rêve : le pouvoir »

En Europe, la camorra a tué plus que toutes autres organisations criminelles, en effet, il y a eu 4000 morts en 30 ans c’est à dire un tout les 3 jours.

-Une idée de vengeance

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Si Roberto Salviano s’est intéressé à cette affaire pour son livre Gomorra, c’est parce qu’une vendetta venait d’éclater entre la famille Di Lauro et un groupe à l’intérieur de cette famille qu’on a nommé les «  sécessionnistes », mais qui s’appelaient les Espagnols. Ils faisaient partie du clan Di Lauro, qui est le plus puissant parmi les narcotrafiquants de Naples, mais ils étaient établis à Barcelone. Ils saturaient la Catalogne de cocaïne, investissaient dans les restaurants, dans le tourisme et l’immobilier, mais ils étaient basés en Catalogne. D’où leur nom d’Espagnols. Ils ont commencé à prendre de l’autonomie au sein du clan en lui renversant de moins en moins d’argent. Di Lauro permettait à tous ses hommes, à tous ses chefs de clan, de disposer de capitaux qu’il leur donnait pour investir dans la cocaïne. On s’aperçoit que ces dirigeants ont eu l’idée de former leur propre groupe, plutôt que d’éliminer le chef. Quand Cosimo Di Lauro, le fils de Paolo, le chef du clan, comprend que les Espagnols versent toujours moins d’argent, il prend une décision qui déplait : il les salarie tous. Cela signifie qu’ils ne versent plus ce qu’ils veulent et qu’ils doivent tenir un rôle de subalternes. Ils ont toujours un rôle d’investisseurs, mais en tant qu’employés. Leur salaire reste élevé : près de 50 000 € par mois. Mais ils ne supportent pas d’être subordonnés. Ce qui cause l’éclatement de la guerre. Ils essayent de supprimer les chefs de la famille Di Lauro et ainsi, une vendetta très violente éclate. En effet, ils ont brûlé une jeune fille qui sortait avec un sécessionniste, pour la seule raison qu’elle avait flirté avec lui. Ils ont cassé les bras, les jambes et le visage au parrain d’un sécessionniste qui s’était enfui. On compte en moyenne 3 à 4 morts par jours. C’est ce que Roberto Salviano raconte dans la première partie du livre, et c’est d’ailleurs le sujet du film.

-Tuer pour être admiré 

 
« Quand on fait partie d’un  clan, c’est tellement bien vu de tuer » explique Roberto Salviano dans son interview. En effet, la vendetta permet de faire carrière aussi rapidement que tuer, cela permet de gravir au plus vite les échelons. Auparavant, bien gérer la place, savoir faire le guet, permettait de devenir le chef après plusieurs années. Alors que pendant la vendetta, plus on fait de meurtres, plus notre charisme augmente.  Jamais auparavant à aucun autre moment on n’avait vu un enfant participer à une exécution le cœur léger, en se laissant porter par les événements. Cela prouve que le meurtre est pour eux un acte comme un autre. Tuer est un acte qui donne la sensation d’être un homme puissant et cela véhicule aussi une idée de progression sociale. Lorsque les enfants sont entrés dans le clan, avant la vendetta ou même pendant, ils ne le faisaient par pour devenir riches, ni même pour tuer, ils voulaient juste être admirés, « être quelqu’un qui a du cran, quelqu’un sur qui les filles se retournement dans la rue. Même ceux qui sont des gros nuls, des ratés, s’ils font partie du clan ils seront craints par tout le monde et donc respectés et donc enviés. » Explique Roberto Salviano.

-Des innocents tués

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Beaucoup d’innocents sont morts durant la vendetta, des gens qui n’avaient strictement rien à voir avec la camorra. Attilio Romano est mort parce qu’il travaillait dans un magasin qui appartenait à un cousin au second degré d’un chef de clan. Dario Scherillo a été tué car  il a été pris pour un dealer, qui avait la même moto et qui se garait au même endroit. Quand ils ont tué Dario, ils ont été très cruels : ils lui ont tiré dans le dos, se sont approchés du cadavre, se sont aperçu de leur erreur et sont partis sans même l’achever.

-La presse déforme la vérité

 L’histoire de tous ces morts innocents est tragique, car « mourir à Scampia, cela signifie être perçu par la presse comme un coupable potentiel » comme le dit Roberto Salviano. Car si on meurt à Scampia on est inscrit sur la liste des morts en tant que soldat mafieux. Lorsqu’un innocent est tué par une organisation criminelle, le doute persiste : on ne sait pas. Plutôt que de dire que la Camorra a tué un innocent, les journalistes écrivent plus facilement : «  On ne peut pas savoir qui c’était réellement ».

« C’est le système qui décide qui est innocent ou coupable »

                 

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